Nouvelle année 2021

J’aime ce texte et vous le confie en ce début d’année…

 

Au soir de vigile du premier jour, le soir d’un nouveau jour.

Oracle de bon augure.

Je ne sais que vous souhaiter, mais je ne peux pas vous souhaiter le bonheur, ni l’argent, ni l’amour, ni la santé, comme on fait….. et puis qui le pourrait ?

Je vous souhaite en revanche, et je me le souhaite avec vous, d’être votre propre bonheur, d’être la terre même où vos vies s’enracinent et s’élèvent plus haut même que les cieux, là où les cieux naissent et se déploient.

Je vous souhaite de pleurer de joie en réalisant que ce corps est vivant, et bien ici, là, sur cette terre. De rire aux éclats lorsque nos maladresses nous mettent bas, et de partager l’émoi, aussitôt que ce cœur qui bat en nous ressent et se serre.

Je vous souhaite d’aimer l’ordinaire, paysage humble et serein qui se fait ombre de vos lumières.

Dans cet ordinaire-là, je vous souhaite de vous plonger dans le réel comme une graine, et d’œuvrer avec la sève, pour que grandisse ce que vous êtes et fleurisse toute votre beauté.

Dans cette beauté, je vous souhaite de cueillir les roses de vos floraisons, sans jamais bannir l’épine, sans jamais rêver que la fin ne viendra pas. Et les offrir, précieuses et éphémères ; les offrir sans compter.

Et sourire. Et dans ce sourire vous voir vivant, vous savoir la Vie, et vous jeter tête la première dans le miracle inconnu d’un jour nouveau, et d’un autre encore.

Je vous souhaite d’être votre propre source de santé.

Forts. Forts de vos fêlures et de vos splendeurs.

Parce que fort ne signifie pas immortel ni invincible.

Fort comme le bambou que le vent, la tempête et la neige plient jusqu’au sol sans jamais le briser. Et une fois au sol , embrassez-le.

Le ciel vous attend. C’est une danse.

Il est précieux de tomber dans la terre de nos souffrances ; c’est là qu’on y cultive la compassion pour les souffrances du monde.

Je vous souhaite alors d’aimer le jour comme la nuit, le souvenir comme l’oubli.

De relier ce que nos peurs ont désuni.

Je vous souhaite d’entendre ce qui ne peut être dit.

Et de laisser tout s’en aller, libre. Inouï.

Puisse la poésie n’être jamais oubliée par les hommes.

Ni les hommes par les hommes.

Ni les hommes par les Dieux.

Ni les Dieux par la joie.

La joie sera cendre, mais des cendres renaissent les Bouddhas.

Je vous souhaite des matins d’émoi.

Des soir d’espoir.

Et entre deux, vous le pouvez, seulement le souffle qui vient et qui s’en va.

Regardez.

Le monde chaque jour nous est offert sans compter.

Et si certains essayent de le voler, le piller ou l’abîmer, je vous souhaite de ne jamais abandonner.

Le monde nous est offert.

Et le monde est grand.

Et puisque il nous est offert, je vous souhaite de le recevoir pour ne manquer à aucune de ses beautés.

Je vous souhaite de ne jamais penser savoir qui vous êtes.

Et demeurer libres.

Mais cet inconnu que vous êtes, je vous souhaite de ne pas cesser de désirer le connaître. ET l’aimer.

Tant d’amour donné, repris.

Redonné, rapté.

Je vous souhaite de ne pas vous en soucier.

Et de recommencer.

C’est ainsi qu’on devient Amour :

Lorsqu’aimer est plus important qu’être aimé.

Je vous souhaite de vous aimer et de vous pardonner.

De vous aimer plus que vous ne l’espèreriez.

De vous pardonner au-delà de ce qui pourrait être imaginé.

Et d’aimer. Infiniment aimer.

Et pardonner. Immensément pardonner.

Le temps à venir est entre nos mains.

Je vous souhaite d’en être tisserands et bâtisseurs, funambules créatifs et ingénieux artisans.

Et demain, oui déjà demain, lorsque vos jardins seront prêts, que vos demeures se seront élevées, alors, je vous souhaite d’y accueillir tous les êtres qui passeront par là.

Les accueillir et en faire une fête.

Protéger leurs espérances, partager leurs émois.

Tissant au fil de bienveillance, ce dessin dont la trame est ineffaçable et incréée.

Quel sens aurait donc ce bonheur en nous, cette santé et cette félicité tant espérés s’ils n’étaient pas prétexte à accueillir, protéger et partager ?

Je vous souhaite une vie qui palpite d’humanité.

Plus haut que les cieux votre joie.

Puisqu’il est des jours sereins,

depuis toujours, l’orage aussi,

gronde dans nos vies.

Ces vies qui commencent,

Ces vies qui s’achèvent.

Je vous souhaite de vivre intensément.

Et de cultiver le désir qui vous anime dès l’enfance ;

Celui d’aimer et d’être aimé.

Les jours d’orage je vous souhaite l’espérance des printemps à venir.

Les jours doux de l’été, je vous souhaite de ne pas oublier que pour d’autres l’orage agite et s’abat, parfois sans pitié.

Je vous souhaite de cultiver un cœur serein.

Un cœur qui se voit et se sait riche.

Libre et émerveillé.

Un cœur qui donne sans compter.

Un cœur qui ne critique, ni ne rabaisse, ni n’humilie, ni ne calomnie ; jamais.

Un cœur pur qui s’évertue à chercher le moindre soupirail qui dévoile de toute forteresse la plus improbable, intime, enfouie, beauté.

Ce cœur qui « sait ».

Un cœur qui se réjouit de la lumière d’autrui.

Un cœur qui ne combat pas, parce qu’en son sein vous y cultivez la paix.

Un cœur qui voit la beauté d’autrui et ne l’étouffe jamais.

Un cœur qui voit les fautes et les ténèbres aussi mais ne les alimente jamais.

Je vous souhaite de cacher les erreurs des autres et de vous évertuer à en mettre en lumière seulement les beautés. Vous serez alors Reines et Rois de bonté.

Je vous souhaite d’être comme un arbre fruitier aux jours de l’abondance ; laissez les fruits nourrir tout passant sans rien demander, et aux guerriers qui vous jettent des pierres, laissez encore et encore les fruits tomber en retour de pure fraternité.

Je vous souhaite d’écrire l’année à venir sur les pages de la réalité, telle quelle, sans la fuir ni la mystifier. À l’encre de ce que vous êtes, écrire les plus merveilleux bonheurs à partager, et de mélanger en cette encre vos forces et vos erreurs. Avec liberté.

Je vous souhaite de couler vers l’océan de l’inconnu à chaque expiration.

Instant après instant, seulement vivre et remercier.

La gratitude est le fruit du saint, du bienheureux et du bienaimé.

Je vous souhaite le goût de grandir.

On ne cesse jamais.

Je vous souhaite en somme de vous construire, jardin de liberté, oasis de bonté.

Et de ne jamais être au « trop tard » pour dire « je t’aime », « je te pardonne », « je suis ce que tu es ».

Je vous souhaite d’embellir ce monde par des mots vrais.

Je vous souhaite de le construire par des gestes bienveillants et engagés.

D’ouvrir vos yeux, de voir la souffrance et la liesse s’entremêler.

Un mot d’amour à peine, et les fleurs dansent, et les êtres sourient, les belliqueux posent les armes, et la rivière devient marée.

Je vous souhaite de ne pas chercher de choses grandes et belles, mais de réaliser tout ce que vous pensez ; dites et faites, avec grandeur et beauté.

Je vous souhaite une année nouvelle riche d’amour et d’amitié.

Aussi riche que la mienne qui vous contient.

Riche de gratitude et d’espérance.

S’il est des déserts, puissent-ils refleurir.

Et s’il est des jardins fleuris, puissent toutes leurs beautés être partagées.

Sans compter.

Mais dans nos vies les ruines s’amoncellent aussi.

Ruines de nos passés dévastés, de nos temples détruits ou de nos paysages abandonnés.

Et s’il est encore des murs de peur debout, puissent-ils tomber.

Je vous souhaite de les ramasser une à une, ces ruines du temps qui passe sans s’arrêter.

Et d’en faire des ponts, de nouvelles chambres au trésors d’une vie renouvelée.

Sans portes ni clôtures, pour que les passagers de nos vies puissent s’y restaurer, se sentir aimés et s’y reposer.

Dans les déserts des solitudes, je vous souhaite d’y apporter vos présences comme un feu qui crépite et réchauffe d’amitié.

Et dans vos jardins de bonheurs puissent résonner les chant de joie partagés.

Que cette année soit telle que vous le pourrez , et surtout, que chaque nouveau jour soit tel que vous vous cultivez.

Vous en êtes les écrivains, les inventeurs, les faiseurs, les mages et les créateurs, et dans vos mains il y a déjà tout ce qu’il faut pour merveilleusement la dessiner.

Et puis, sans limites, l’offrir en partage, et s’émerveiller.

Dans mes mots maladroits, ce jour, assis à l’ombre immobile d’un palmier, je vous dis mon amour et mon espoir.

L’espoir certain et riche de toute ma foi qu’en chacune et en chacun d’entre vous est un pays où tout ce que vous désirez est déjà accompli. Source d’infinie splendeur que vous êtes depuis des temps éternels.

Au soir du premier jour, un soir nouveau.

N’oubliez jamais, ni n’oubliez de vous dire les uns aux autres , comme une bonne nouvelle par le cœur annoncée :

Que vous êtes beaux,

Précieux,

Importants

et aimés.

 

Federico Isahak Dainin Jôkô